Douleurs chroniques : quand le corps tente de dire quelque chose
Douleur chronique inexpliquée ? Découvrez le lien entre tensions corporelles, système nerveux et émotions. Accompagnement énergétique près de La Rochelle.
DOULEURS ET TENSIONS CORPORELLES
Amandine Garlopeau
1/27/20268 min read
"Le symptôme n'est pas un ennemi, mais un messager" - Carl Gustav Jung
Ça commence souvent par une petite gêne. On se dit que ça va passer. Puis la gêne s'installe, devient douleur, et un jour on se retrouve à chercher sur internet : "Mais pourquoi ça revient tout le temps ?"
Si tu vis avec une douleur chronique, une tension qui refuse de te lâcher, ou un symptôme qui semble faire partie du paysage… Tu sais à quel point ça peut occuper l'esprit, fatiguer le moral et brouiller même les journées les plus simples.
Ce que l'on appelle "douleurs chroniques" recouvre en réalité un terrain complexe : un entrelacement de manifestations physiques, de réactions nerveuses, d'empreintes émotionnelles, parfois de traces traumatiques, et très souvent… D'un vécu resté sans mots.
Cet article n'a pas pour objectif de te dire "tout est émotionnel" (ce serait inexact), ni "tout est dans ta tête" (ce serait violent et réducteur). L'intention ici est plutôt d'ouvrir une piste : et si une partie de cette douleur cherchait simplement à transmettre quelque chose ?
Qu'entend-on vraiment par "douleur chronique" ?
La définition médicale et ses limites
En médecine conventionnelle, on parle de douleur chronique lorsqu'elle persiste au-delà de 3 à 6 mois, selon les classifications internationales (ICD-11, 2019). Mais voilà ce que les définitions officielles ne traduisent pas toujours : cette douleur n'est souvent pas seulement mécanique.
Les personnes que j'accompagne me confient régulièrement :
"On ne trouve rien sur mes examens"
"On m'a dit que c'était lié au stress "
"Ça apparaît et disparaît sans que je comprenne pourquoi"
"J'ai essayé tellement de choses, mais rien ne touche vraiment le fond du problème"
Les effets invisibles de la douleur chronique
Au-delà de la sensation douloureuse elle-même, d'autres symptômes s'invitent progressivement :
Une fatigue nerveuse qui ne part pas avec le repos
Des variations d'humeur difficiles à anticiper
Des troubles de concentration ou une sensation de brouillard mental (le fameux "brain fog")
Une irritabilité qui surprend parfois soi-même
Un sommeil perturbé, non réparateur
Une déconnexion progressive avec les sensations corporelles (on s'engourdit pour moins souffrir)
La douleur chronique est plurielle : elle touche le corps, bien sûr, mais aussi le système nerveux, l'identité ("je ne suis plus celle que j'étais"), les routines quotidiennes et le rapport au monde.
Quand le corps devient porte-parole de l'indicible
Les différents langages du corps
Notre corps possède plusieurs registres d'expression. Certains sont immédiats et clairs : la faim, le froid, le besoin de dormir. D'autres sont beaucoup plus subtils et codés : tensions musculaires persistantes, migraines récurrentes, lombalgies, sciatiques, troubles digestifs fonctionnels.
C'est précisément là que l'approche somato-énergétique devient éclairante.
Quand l'expérience ne trouve pas d'issue
Lorsqu'un vécu — qu'il soit ponctuel ou répété — n'a pas pu être :
Verbalisé (mis en mots)
Intégré (digéré par le système nerveux)
Compris (donner du sens à ce qui s'est passé)
Accompagné (soutenu par un regard extérieur bienveillant)
Il peut alors s'inscrire dans le corps. Non pas comme un "blocage énergétique magique", mais par des mécanismes physiologiques et neurobiologiques très concrets.
Les trois voies d'inscription corporelle
1. Le système nerveux en hypervigilance
Selon la théorie polyvagale développée par Stephen Porges (neuroscientifique, Université d'Indiana), notre système nerveux autonome peut rester bloqué en mode "alerte" suite à des expériences de stress intense ou répété. Cette hypervigilance chronique se traduit par :
Une hypersensibilité sensorielle
Des tensions musculaires permanentes
Une fatigue qui ne répond pas au repos
Une difficulté à se sentir en sécurité
Une étude publiée dans Nature Reviews Neuroscience (2015) a démontré que le stress chronique modifie durablement les circuits neuronaux de la douleur, rendant le système nerveux plus réactif aux stimuli normalement indolores.
2. Les mémoires tissulaires
Les recherches en fasciathérapie et en psychoneuroimmunologie montrent que les fascias (tissus conjonctifs qui enveloppent muscles et organes) possèdent une capacité de "mémoire mécanique". Les zones comme :
Les épaules (où l'on "porte")
La nuque (où l'on "retient")
La mâchoire (où l'on "serre")
Le ventre (où l'on "absorbe")
Le bas du dos (où l'on "supporte")
...peuvent maintenir des tensions pendant des années, créant des boucles de douleur chronique.
Je me rappelle d’une femme que j’avais accompagné pour des douleurs d’épaules. Tout d’abord ma casquette de coach sportive m’avait poussé à chercher des « trigger points » (ou « points gâchettes en français, pour simplifier nœud de tension souvent lié à un déséquilibre musculaire/postural). J’avais une partie de la réponse. Ensuite, ma casquette de magnétiseuse m’a fait placer mes mains et spontanément elle avait verbalisé tout ce qu’elle portait à cette période. Les épaules se sont détendu.
3. La régulation émotionnelle incomplète
Le neuroscientifique Antonio Damasio (USC, auteur de L'Erreur de Descartes) a largement documenté comment les émotions non traitées ne disparaissent pas : elles empruntent d'autres chemins, notamment somatiques.
Quand une émotion — peur, colère, tristesse, honte — n'a pas pu être :
Ressentie pleinement
Accueillie sans jugement
Traversée jusqu'à sa décrue naturelle
Elle cherche une autre voie d'expression. Et le corps devient alors cette voie.
Hypersensibilité et douleur : un lien neurologique méconnu
L'hypersensibilité n'est pas un défaut
Bien que les personnes hypersensibles n'aient pas le monopole des douleurs chroniques, j'accompagne beaucoup de profils hypersensibles, et il existe un lien scientifiquement documenté entre :
Réactivité nerveuse accrue (activation plus rapide du système sympathique)
Perception sensorielle amplifiée (seuils de détection plus bas)
Traitement émotionnel profond (activation prolongée de l'amygdale cérébrale)
Les travaux d'Elaine Aron, psychologue et chercheuse, ont montré que l'hypersensibilité sensorielle (Sensory Processing Sensitivity) touche environ 15-20% de la population et s'accompagne d'une activation neuronale plus intense dans les zones cérébrales liées à l'empathie et à la conscience sensorielle.
Ce que disent les corps hypersensibles
Les phrases que j'entends régulièrement :
"Quand je m'épuise à force de donner, tout ressort dans mon corps"
"Si je me contiens trop longtemps, j'ai mal au ventre pendant des jours"
"Dès que je me sur-adapte à un environnement qui ne me convient pas, les migraines arrivent"
Ce n'est pas "psychologique" au sens où ce serait "inventé". C'est neurologique, somatique et émotionnel simultanément.
Etant moi-même hypersensible, j’ai pu en faire le constat avec l’aide de thérapeutes : quand mes limites ne sont pas fixées et respectées, mon corps réagit (mâchoires crispées et autres réjouissances).
"On ne trouve rien sur vos examens" : et pourtant, ça fait mal
L'insuffisance du modèle biomédical classique
On entend souvent cette phrase qui blesse : "Les examens sont normaux, donc tout va bien."
Mais absence de marqueur visible ≠ absence de réalité.
Le modèle bio-psycho-social (développé par George Engel en 1977 et aujourd'hui standard en médecine de la douleur) reconnaît trois dimensions interdépendantes :
Biologique : tissus, nerfs, inflammation, neurotransmetteurs
Psychologique : émotions, stress, vécu, croyances sur la douleur
Social : mode de vie, soutien relationnel, environnement professionnel
Où se situe l'accompagnement somato-énergétique ?
C'est précisément dans cet espace intermédiaire — entre le purement médical et le purement psychologique — que les approches comme le magnétisme et les soins énergétiques trouvent leur pertinence.
Important : Les professionnels de santé doivent toujours être consultés en première intention. Les soins énergétiques ne substituent jamais à un diagnostic, un traitement ou un suivi médical. Ils viennent en complément, dans une approche intégrative.
Le magnétisme face à la douleur : quel rôle ?
Au-delà de la "suppression" des symptômes
Même s'il peut apporter un soulagement non négligeable, le magnétisme, tel que je le pratique, n'a pas pour objectif de "faire disparaître la douleur comme par magie" — ce serait irréaliste et malhonnête.
Dans le meilleur des cas, il agit sur plusieurs plans simultanément :
1. L'apaisement du système nerveux
Par un toucher lent, présent et non intrusif, le soin énergétique envoie au système nerveux un signal de sécurité. Cela peut activer le système parasympathique (repos/digestion) et permettre au corps de sortir progressivement de l'état d'alerte chronique.
2. La circulation énergétique
Dans les zones contractées, figées, "fermées", le travail énergétique vise à rétablir une forme de fluidité. Cela se manifeste souvent par :
Une sensation de chaleur localisée
Un relâchement progressif des tensions
Une respiration qui s'approfondit spontanément
3. Le relâchement de la charge émotionnelle
Pendant ou après un soin, il n'est pas rare que des émotions enfouies remontent à la surface — parfois sous forme de larmes, de soupirs profonds, de bâillements ou simplement d'une fatigue libératrice. C'est le signe que le corps "digère" enfin ce qui était resté en suspens.
4. Le soutien à l'hypersensibilité
Pour les personnes hypersensibles, le soin énergétique offre un espace où la sensibilité n'est plus vue comme un problème, mais comme une richesse à accueillir et à réguler. Bon à savoir : j'ai écrit un autre article sur le lien entre hypersensibilité et douleurs.
5. L'amélioration du sommeil
Essentiel dans la récupération nerveuse et la régulation de la douleur (selon les recherches en chronobiologie), le sommeil est souvent l'un des premiers bénéfices observés.
Ce que disent les personnes accompagnées
Les retours les plus fréquents après un soin :
"Ma douleur a clairement diminué en intensité"
"J'ai l'impression de mieux respirer, comme si une chape s'était levée"
"Je suis fatiguée mais dans le bon sens, une fatigue légère"
"Je me sens plus posée, moins en alerte permanente"
Quand envisager un accompagnement énergétique ?
Les signaux qui peuvent t'alerter
Il n'existe pas de "bon moment" universel, mais voici des situations fréquentes chez les personnes que je reçois :
Douleurs récurrentes ou inexpliquées médicalement
Problèmes cutanés (eczéma, psoriasis, urticaire à répétition)
Cicatrisation lente ou difficile après blessure ou postopératoire
Brûlures (accompagnement du processus de guérison)
Tensions chroniques (épaules, nuque, mâchoires)
Douleurs lombaires persistantes
Migraines ou céphalées fréquentes
Troubles digestifs fonctionnels (colopathie, ballonnements, nausées)
Fatigue nerveuse qui ne passe pas avec le repos
Sensation de lourdeur, de "porter un poids invisible"
Difficulté à lâcher prise, pensées intrusives
Vécu émotionnel ancien non digéré (deuil, rupture, trauma)
La complémentarité avec les parcours médicaux
Les soins énergétiques s'intègrent idéalement dans une démarche globale qui peut inclure :
Suivi médical (généraliste, spécialiste)
Kinésithérapie, ostéopathie
Accompagnement psychologique
Activité physique adaptée
Ajustements du mode de vie
En conclusion : écouter plutôt que combattre
La douleur chronique n'est jamais "que dans le corps". Elle n'est jamais "que dans la tête" non plus. Elle se loge dans ce territoire complexe où se rencontrent : le vécu, le sens que l'on donne aux événements, le tissu biologique, les mémoires (personnelles, parfois familiales), et le système nerveux.
Parfois, elle n'a pas besoin qu'on la combatte avec acharnement. Elle a besoin qu'on l'écoute. Qu'on lui fasse une place, le temps de comprendre ce qu'elle essaie de dire.
Et c'est là, précisément, que l'accompagnement somato-énergétique trouve tout son sens : non pas comme une solution miracle, mais comme un pont. Un pont entre le corps et le psychisme. Entre le ressenti et les mots. Entre la douleur et la libération progressive.
Zestement vôtre, Amandine
Sources et références
Porges, S. W. (2011). The Polyvagal Theory: Neurophysiological Foundations of Emotions. Norton.
Damasio, A. (2010). L'Erreur de Descartes : La raison des émotions. Odile Jacob.
Aron, E. N. (1996). The Highly Sensitive Person. Broadway Books.
Engel, G. L. (1977). "The need for a new medical model: A challenge for biomedicine." Science, 196(4286).
Bushnell, M. C. et al. (2013). "Cognitive and emotional control of pain." Nature Reviews Neuroscience, 14(7).
Classification ICD-11 de l'OMS (2019) : Chronic pain classifications.
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